Quatrième de couverture
Entre les statues de marbre et les tableaux de maîtres, les visiteurs du musée d’Orsay posent tantôt des yeux admiratifs, tantôt un regard perplexe sur les chefs-d’œuvre qui bordent les allées. Ils échangent dans un murmure discret et continuent leur déambulation. Mais lorsque les portes du musée d'Orsay ferment et que la nuit tombe, les sculptures et les peintures quittent la pose, descendent de leur socle, s'animent, se détendent, se mettent à se raconter, s’interrogent ou commentent ce qu'elles ont pu voir ou entendre au cours de la journée. L’Olympia de Manet, qui en a peut-être assez de passer sa vie allongée, déserte sa couche ; les Raboteurs de parquet de Caillebotte, fatigués, délaissent les lattes du parquet ; et Héraclès se dirige, comme à son habitude, tout droit vers sa pièce favorite : les toilettes. Certains se retrouvent pour dresser un portrait peu flatteur des visiteurs indélicats ; d’autres, désabusés, s’assoient pour observer l’absurdité du monde à travers les vitraux de la grande horloge. D’autres encore accueillent les nouveaux venus, car les collections s’agrandissent ! Au petit matin, toutes les œuvres regagnent leur socle ou leur cadre et reprennent la pose avant l'ouverture des portes. Un quotidien au musée où l’on découvre que tour à tour, les rôles s'inversent. Que peuvent bien penser de nous les peintures et les sculptures à force de nous observer et de nous écouter dans les couloirs et les salles d'un musée tout au long de la journée ?… Ce que de jour les « regardeurs » disent des regardés, et surtout ce que de nuit les regardés racontent des « regardeurs ». Le lecteur devient témoin et spectateur d'un quotidien aussi bien nocturne que diurne dans le musée.
Mon avis
Passionnée par les musées, je ne pouvais qu'être tentée par cette bande dessinée, et j'ai énormément apprécié cette balade.
Le graphisme est superbe : j'ai pris beaucoup de plaisir à essayer de deviner les modèles réels derrière les dessins. Au début, je ne saisissais pas bien où l'auteur souhaitait nous emmener. Puis, en observant attentivement chaque case, j'ai fini par avoir le sentiment que c'étaient les œuvres qui observaient les visiteurs ... et ce n'étais pas qu'une impression.
Qui nous dit que ce n'est pas réellement le cas ? Qu'une fois les portes fermées et la nuit installée les personnages ne sortent pas de leurs cadres pour retrouver un amoureux ou contempler la vie à l'extérieur ?


















