samedi 18 juillet 2026

Les grues volent vers le sud - Lisa Ridzén


 Quatrième de couverture

Bo n’a plus beaucoup de temps devant lui. À quatre-vingt-neuf ans, il vit isolé dans un village suédois et sa santé décline rapidement. Sa solitude n’est troublée que par le va-et-vient de ses aides à domicile. Parmi les rares choses qui lui restent, il y a les appels à son meilleur ami et la fidèle compagnie de Sixten, son gros chien auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Bo aime s’endormir avec lui, sa main enfouie dans l’épais pelage. Quand son fils juge qu’il ne peut plus s’occuper

d’un tel animal, l’orgueilleux Bo plonge dans un tourbillon d’émotions. Père et fils n’ont jamais su communiquer. Comment dire aujourd’hui ce qui compte vraiment ? Bo dresse le bilan de sa vie, de ses liens familiaux, et se penche sur la façon imparfaite dont il a exprimé son amour au fil des ans. 


Mon avis


Quelle lecture émouvante ! Elle a résonné en moi à plus d’un titre : en me renvoyant à mon quotidien auprès de mes patients âgés, mais aussi en me confrontant inévitablement à mon propre avenir.

Bo, 89 ans, sait qu’il est plus proche de la fin que du début de sa vie. S'il aime passionnément sa femme, celle-ci ne vit plus à ses côtés. Son quotidien est aussi marqué par une relation complexe avec son fils, Hans. Le poids des non-dits et des malentendus engendre entre eux une profonde incompréhension, rendant le dialogue difficile. Cette distance n'aide pas Bo à accepter la perte de ses capacités, lui qui se voit passer du statut de père à celui d'enfant à cause de sa perte d’autonomie.

Dans cette routine parfois lourde, sa seule véritable compagnie reste son fidèle chien, Sixten, et les auxiliaires de vie qui se relaient. J’ai particulièrement aimé le personnage d'Ingrid, une aide à domicile qui fait preuve d’une immense compassion. On ressent chez elle une véritable affection pour Bo, qui dépasse le cadre purement professionnel.

Le roman traite avec une grande justesse de la diminution des facultés et du deuil de ce que l'on a été. Je me suis profondément attachée à Bo, au point qu'il est presque devenu un proche pour moi. On suit Bo jusqu'au bout de son chemin, dans un récit qui, malgré la tristesse de la vieillesse, reste lumineux. 

Un coup de cœur que je recommande vivement.

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