mardi 25 août 2026

Encabanée - Gabrielle Filteau-Chiba


 Quatrième de couverture

"Il n'y avait pas de mots assez souples et multicolores. Les couleurs de cette nuit blanche ont réveillé en moi une palette d'espérance, bien plus que tous les amants du monde. L'hiver me sembla chaque jour plus doux, plus lumineux, plus riche en apprentissages." Lassée par un quotidien aliénant, Anouk quitte son appartement de Montréal pour une cabane abandonnée dans la région du Kamouraska, là où naissent les bélugas. "Encabanée" au milieu de l'hiver, elle apprend peu à peu les gestes pour subsister en pleine nature. La vie en autarcie à -40 °C est une aventure de tous les instants, un pari fou, un voyage intérieur aussi. Anouk se redécouvre. Mais sa solitude sera bientôt troublée par une rencontre inattendue...

Mon avis

J’ai eu beaucoup de difficultés à entrer dans ce roman. Il aura fallu deux essais non transformés avant que la troisième tentative ne soit la bonne ! Et quel soulagement, car il aurait été bien dommage de passer à côté de cette histoire.

L’intrigue nous plonge aux côtés d'Anouk, qui fuit la capitale, Montréal, n'en pouvant plus de la vie urbaine et de ses artifices. Elle choisit de tout quitter pour s'installer dans la région du Kamouraska, là où naissent les bélugas, au cœur d'une nature sauvage et grandiose. Loin de tout, elle doit apprendre à s'adapter à cette nouvelle existence : apprivoiser le froid mordant et renoncer au confort moderne auquel elle était habituée. Malgré la rudesse du quotidien, elle trouve cette vie tellement plus vraie.

Pour s'encourager, Anouk tient un journal bordé de listes savoureuses qui viennent alléger l'atmosphère du récit. Elle y note par exemple avec humour que « des touristes payent une fortune pour une nuit d'hôtel de glace » pour se rappeler les côtés positifs de son igloo improvisé, ou se répète qu'« il n'y a pas de mauvais temps, seulement de mauvais équipements » et bien d'autres phrases tout autant délicieuses.

Cet éloignement lui permet de réfléchir à sa condition de femme : écrivant par exemple :  « Être féministe, c'est aussi ne pas avoir envie d'égaler qui que ce soit. Incarner la femme au foyer au sein d'une forêt glaciale demeure pour moi l'acte le plus féministe que je puisse commettre. » En s'isolant dans sa cabane, elle fuit le mirage de la réussite sociale classique et la société de consommation telle qu'on la connait aujourd'hui ...

C’est une lecture qui a particulièrement résonné en moi. Moi qui rêve parfois de m'enfuir du monde du travail et de ses faux-semblants, je l'ai enviée, malgré la rudesse de son quotidien. Je rêve d'une retraite, je rêve de m'encabaner chez moi, loin de tout ce qui me heurte. J'ai aimé ce court roman pour sa sobriété, son appel au grand air et cet éloignement salvateur de tout ce qui peut être néfaste. Ce livre est très proche de mes convictions personnelles sur l'état du monde actuel, et il me donne envie de pousser un peu plus loin ma propre participation à son amélioration.

2 commentaires:

  1. Bonjour Corinne. J'aime bien le Canada et ses grands espaces mais je ne me verrais pas vivre dans une cabane isolée avec - 40° dehors. Bonne journée

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  2. C'est un thème très intéressant, je trouve.

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