Quatrième de couverture
Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des derniers ours. Mais depuis des mois, on n’a plus trouvé la moindre trace de Cannellito, le seul plantigrade avec un peu de sang pyrénéen qui fréquentait encore ces forêts. Pas d’empreinte de tout l’hiver, aucun poil sur les centaines d’arbres observés. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal. L’histoire des hommes, n’est-ce pas celle du massacre de la faune sauvage ? Alors, quand sur Internet il voit le cliché d’une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et à la livrer en pâture à l’opinion publique. Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux. Et rien de ce qui s’est joué, quelques semaines plus tôt, en Afrique.
Entre chasse au fauve et chasse à l’homme, vallée d’Aspe dans les Pyrénées enneigées et désert du Kaokoland en Namibie, Colin Niel tisse une intrigue cruelle où aucun chasseur n’est jamais sûr de sa proie.
Mon avis
Quel livre ! Quelle claque !
Au départ, on a des certitudes. On est viscéralement contre la chasse et on se range naturellement du côté de Martin, le garde du parc national des Pyrénées. La lecture est d'ailleurs parfois éprouvante, notamment lorsqu'on découvre les pensées et les actes d'Apolline, une jeune fille de 20 ans venue en Namibie pour chasser le lion à l'arc et en ramener un trophée.
Puis, au fil des pages, on comprend que tout est lié. Cette chasse au trophée coûte extrêmement cher, mais les sommes perçues permettent d'indemniser les populations locales qui ont tout perdu, ou encore de financer les gardes qui protègent les espèces en voie de disparition. Le lion traqué est choisi parce qu'il a décimé les troupeaux des villages... mais n'a-t-il pas été poussé dans ses retranchements par les hommes qui détruisent son habitat ?
Ma position anti-chasse en ressort bousculée, tout comme ma sympathie initiale pour le garde-chasse. Si je ne comprends toujours pas la passion de tuer, j'en saisis désormais certains aspects, comme la traque et la recherche de l'animal. À la différence près que, de mon côté, je ne le tue pas : je le photographie.
Colin Niel parvient à nous immerger tour à tour dans la peau de chaque protagoniste : Martin, Apolline, Komuti le jeune Namibien, mais aussi dans celle du lion lui-même.
Le roman porte divinement bien son titre. Dans cette histoire, le véritable fauve n'est pas forcément celui qu'on croit : le lion n'agit que par nécessité face à l'empreinte humaine, tandis que les autres fauves, eux, n'ont que deux jambes.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire